Les éditos |
L’intelligence économique et la gendarmerie nationale
Parmi les trois axes de l’intelligence économique définis par le HRIE la gendarmerie nationale est exclusivement positionnée sur le volet de la sécurité. Elle conseille les entreprises pour améliorer la protection de leur patrimoine en matière d’informations. Elle les sensibilise également à la prévention de la délinquance. Enfin, elle diligente des enquêtes judiciaires impliquant les entreprises ou leurs membres, en tant qu’auteur ou victime (escroquerie, abus de biens sociaux, cybercriminalité...).
Outre les entreprises « sensibles » (secteurs stratégiques, pôles de compétitivité, entreprises d’importance régionale) dont le suivi a été réparti entre les grands services de l’Etat par les préfets de région, la gendarmerie nationale apporte également sa capacité d’analyse des vulnérabilités à toutes les PME-PMI situées dans sa zone de compétence.
L’activité de la gendarmerie nationale porte essentiellement sur la prévention. Elle se décline en plusieurs modes d’action :
la surveillance générale : il s’agit d’une mission fondamentale de la gendarmerie. Par leurs patrouilles dans les zones industrielles et artisanales, en particulier la nuit et les week-ends, les unités concourent à sécuriser les lieux grâce à une présence dissuasive ;
les relations avec les décideurs économiques : la confiance établie permet aux chefs d’entreprise d’exprimer en toute confidentialité leurs difficultés à la gendarmerie. Des solutions peuvent être proposées lorsqu’elles relèvent de ses prérogatives. Les services administratifs partenaires sont informés lorsque la difficulté entre dans leur champ de compétence (direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), douanes pour le commerce international, institut national de la propriété industrielle (INPI) pour les brevets, chambres de commerce pour certaines formations spécifiques...) ;
les conférences de sensibilisation : elles peuvent être généralistes ou aborder un thème particulier (cybercriminalité, contrefaçon, atteintes à l’environnement...). Les experts de la gendarmerie y apportent un éclairage complémentaire (enquêteurs « nouvelles technologies » et « délinquance économique et financière », formateurs-relais « écologie-environnement »...). Ces conférences visent les acteurs économiques publics et privés, ainsi que les laboratoires de recherche ;
les visites en entreprise : à l’aide d’un questionnaire de vulnérabilité comportant une centaine d’items, les militaires d’active ou réservistes évaluent l’exposition aux risques de l’entreprise visitée. Les conseils formulés sont donc personnalisés. Ce questionnaire permet une sensibilisation de premier niveau afin de faire prendre conscience au chef d’entreprise des vulnérabilités les plus usuelles constatées dans son établissement. Il ne constitue pas un audit de sécurité, par nature plus spécifique, celui-ci relevant de cabinets privés.
Les gendarmes participent également à l’action répressive par la conduite des investigations judiciaires notamment avec le concours de ses experts « nouvelles technologies » et « délinquance économique, financière et informatique ». Les vols de matériels informatiques et les intrusions dans les systèmes de traitement automatisé de données sont les infractions les plus couramment traitées.
L’organisation qui se met en place doit permettre à toute entreprise de s’adresser à la brigade de gendarmerie la plus proche pour être orientée ou obtenir de l’aide dans le cadre des actions évoquées ci-dessus.
27 janvier 2009
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