
La protection des actifs immatériels | Externalisation des données3 mars 2006
Les entreprises comme l’État font désormais appel à un nombre croissant de partenaires extérieurs. Ce phénomène de sous-traitance ou d’externalisation de services, souvent sensibles, soulève de vraies questions en termes de sécurité des informations, des biens et des personnes. Les entreprises et les administrations publiques démembrent de plus en plus de fonctions parfois vitales et stratégiques, autorisant ainsi des entités extérieures à accéder à leurs secrets et donc à leur "cœur de métier" : audit, conseil, sécurité/gardiennage, maintenance informatique, assurance, cabinets de traduction. Cette perméabilité désormais structurelle aux agressions extérieures constitue une vulnérabilité majeure. Le problème devient réellement stratégique quand on prend conscience du fait que ces entreprises - comme l’État - se trouvent confrontées à une offre réduite : en nombre, en qualité et en nationalités. A ce titre, la monopolisation par des sociétés, le plus souvent anglo-saxonnes, de certains de ces services constitue aujourd’hui une véritable dépendance de fait. Ne peut-on s’étonner par exemple que de grandes administrations de l’État faisant partie de son périmètre de souveraineté fassent régulièrement appel à des cabinets d’audit ou à des banques d’affaires anglo-saxons ? Il serait instructif de connaître le nombre de cabinets européens, et en particulier français, ayant pu auditer le Pentagone ou le Département de la Justice... À ce titre, l’activité des sociétés de renseignement privé (SRP) peut être problèmatique. La nature-même de leur métier exige des précautions particulières ; leur activité n’est pas neutre au regard du respect des libertés publiques ; et les entreprises ont besoin de partenaires de confiance présentant des garanties d’éthique, de confidentialité et de professionnalisme. La loi du 18 mars 2003, votée à l’initiative du ministre de l’Intérieur constitue d’ores et déjà un progrès (système d’agrément préalable des professionnels, etc.). Cependant, il faudra probablement aller au-delà, afin que le marché offre aux entreprises françaises une alternative crédible aux sociétés étrangères. La question se pose à l’identique pour la sécurité privée. Tout en respectant les règles de la concurrence, il serait opportun d’encourager le regroupement d’un certain nombre de sociétés françaises dans ce domaine et d’assurer la régulation du marché de la sécurité. |
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