
Les éditos | L’intelligence économique et les Missions économiques2 avril 2007
Questions posées à Pascal Furth, chef du bureau des réseaux d’expertise et de veille internationale de la Direction générale du Trésor et de la politique économique au ministère de l’économie, des finances et de l’industrie.
Quel rôle jouent les Missions économiques dans la politique publique d’intelligence économique ? La politique publique d’intelligence économique est destinée à la fois à accompagner les entreprises et à répondre aux besoins propres de l’Etat. Les Missions économiques ont une double mission : d’une part, informer les pouvoirs publics et défendre les positions françaises sur les domaines de compétences du MINEFI, d’autre part, accompagner le développement international des entreprises françaises. En ce sens, les Missions Economiques constituent un relai naturel d’information et de prise en compte d’expériences étrangères lorsque les sujets traités sous l’angle de l’intelligence économique comportent une dimension internationale, ce qui est souvent le cas. En quoi peuvent-elles aider concrètement les entreprises et notamment les PME ? Toute entreprise, quelle que soit sa taille, qui a pris conscience que la maîtrise de certaines informations lui est essentielle pour maintenir ou développer ses activités, peut trouver un appui auprès des Missions économiques à l’étranger mais aussi localement, dans sa région, auprès des Directions Régionales du Commerce Extérieur. Il est d’ailleurs utile de rappeler que ce double maillage en régions françaises et à l’étranger constitue un réseau unique en son genre au sein de l’administration française, y compris par son étendue. Concrètement, les missions économiques sont en mesure de rechercher, traiter et exploiter de l’information pour le compte d’entreprises dans de multiples domaines. Que ce soit sur l’environnement économique et juridique d’un pays, notamment les conditions et barrières d’accès au marché ou la protection de la propriété intellectuelle, mais aussi pour se familiariser avec ses pratiques d’affaires, ou encore pour identifier des concurrents ou valider la notoriété de partenaires commerciaux, existants ou potentiels. De façon générale, les Missions économiques peuvent apporter, par leurs contacts locaux et leur connaissance du terrain, des informations non disponibles par ailleurs et pour cette raison à forte valeur ajoutée et souvent stratégiques. Ces services s’adressent en priorité aux PME dans la mesure où les grands groupes sont souvent dotés de capacités de recherches et d’analyses propres au travers notamment de leurs filiales à l’étranger, mais ceux-ci apprécient également de pouvoir valider auprès des Missions économiques les informations qu’ils ont pu recueillir par ailleurs. Quels sont, selon vous, les premiers succès des missions économiques en termes d’IE et les points à améliorer pour l’avenir ? Si l’on considère que toute information stratégique permettant à une entreprise d’orienter et de développer son activité constitue de l’intelligence économique offensive, il n’est pas faux de considérer que l’intelligence économique est intrinsèque à l’activité des Missions économiques ; les exemples seraient dès lors trop nombreux pour être cités. Par ailleurs, les Missions économiques réalisent chaque année pour le compte du MINEFI et d’autres administrations des analyses comparatives internationales portant sur des domaines très variés de politiques publiques dont le nombre est également trop élevé pour n’en citer que quelques exemples. A la croisée des chemins entre le service aux administrations et celui aux entreprises, il convient toutefois de citer l’action déployée par le réseau des Missions économiques en 2005 et en 2006 en faveur de l’émergence et du positionnement international des pôles de compétitivité. Les analyses comparatives réalisées, dans un premier temps, sur les structures de gouvernance de pôles de compétitivité mises en place dans plusieurs pays étrangers, puis dans un deuxième temps sur l’identification de partenaires et concurrents potentiels de pôles de compétitivité ont favorablement contribué à la définition de la stratégie internationale des pôles mondiaux ou à vocation mondiale. Davantage qu’une piste d’amélioration, j’estime que la réussite de la politique des pouvoirs publics vis à vis des entreprises dans le domaine de l’intelligence économique devra être évaluée également dans sa capacité à ancrer un « réflexe d’intelligence économique » au cœur de la stratégie des dirigeants de nos entreprises et en particulier des PME. Les Missions économiques intègrent cette préoccupation dans les conseils qu’elles donnent aux entreprises pour lesquelles elles réalisent par ailleurs des prestations visant, le plus souvent, à identifier des débouchés et partenaires commerciaux à l’étranger. Favoriser cette prise de conscience est aussi conditionné par un partenariat public-privé efficace, et l’implication de toutes les parties concernées, qu’illustre par exemple l’excellent guide « veiller futé à l’international » publié par le Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur. Consultez le site des missions économiques : |