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Zoom sur la mise en oeuvre du référentiel de formation "Intelligence économique et nouveaux risques du 21ème siècle"

Lancé en décembre 2011, le référentiel national de compétence "Intelligence économique et nouveaux risques du 21ème siècle" a pour objectif de sensibiliser, à terme, tous les étudiants à l'intelligence économique. Ce référentiel est actuellement expérimenté dans plusieurs établissements. Simone Bonnafous, directrice générale pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (MESR) et Christine Largeron, responsable de la spécialité du master intelligence économique et gestion de l’innovation à l'université Jean Monnet de Saint-Etienne, reviennent sur la mise en œuvre de ce dispositif.

Simone Bonnafous, directrice générale pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle au MESR

Madame Simone Bonnafous, Directrice générale pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelleSur proposition de la D2IE, le gouvernement a acté en 2010 un objectif de généralisation de la sensibilisation des étudiants à l’intelligence économique. De quelle manière le référentiel  IE et nouveaux risques du 21ème siècle s’inscrit-il dans cet objectif ?

Le référentiel prévoit de permettre aux établissements d’enseignement supérieur de se doter d’outils et d’élaborer des projets d’actions destinés à mieux faire connaître cette problématique aux étudiants, notamment en proposant un référentiel de formation aux notions d’intelligence économique. Ce texte répond donc à la volonté du gouvernement de généraliser cette sensibilisation, tout en respectant l'autonomie des établissements d'enseignement supérieur. Le référentiel fait partie de l'accord-cadre signé entre le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (MESR) et le MEDEF en 2010, qui considèrent tous deux que la sensibilisation des étudiants à cette thématique est importante pour leur bonne insertion au sein des entreprises, qui sont confrontées régulièrement à cette problématique.

Comment a- t-il été conçu ?  

Un groupe de travail, piloté par la Direction générale pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle (Dgesip), s'est réuni 6 fois pour élaborer ce référentiel. Il était composé, outre de personnels du Ministère, de représentants du MEDEF, du monde économique, de l'INHESJ (Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice), de la CPU (Conférence des présidents d'université) et de la CDEFI (Conférences des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs). Il a auditionné des spécialistes en I.E et en nouveaux risques du 21ème siècle, dont le préfet Pautrat.

De quelle manière les établissements pilotes ont-ils été sélectionnés ?

Nous avons sélectionné un panel d'établissements représentatifs du panorama universitaire français, avec des établissements situés à Paris et en province, certains publics et d'autres privés, pluridiciplinaires et spécialisés, certains néophytes en intelligence économique et d'autres ayant une expérience de la thématique, etc. Cela a permis de faire entendre des voix représentatives de la diversité de notre paysage d'enseignement supérieur et de recherche sur cette thématique.

Quels sont les premiers retours d’expérience des établissements expérimentant ce référentiel ?

D'après les premiers retours d'expériences qui nous sont parvenus, tous les établissements utilisent le référentiel comme un guide et adaptent les thématiques à enseigner en fonction de leur public, de leurs compétences pédagogiques et de leur histoire dans leur domaine. Il n'y a donc pas de pratique uniforme, ce qui est conforme à notre souhait de faire confiance aux établissements autonomes pour s'emparer des lignes directrices définies par le groupe de travail.
Nous avons aussi observé que les petites structures sont plus impliquées dans le déploiement du référentiel. Nous avons également appris avec satisfaction que certaines Régions, comme par exemple l'Auvergne, ont mis en place une coordination efficace entre les établissements pilotes et les structures déconcentrées de l'Etat, au travers des schémas régionaux de l'Intelligence Economique pilotés par la Préfecture de Région.
Le premier retour d'expérience dont nous disposons a permis de faire apparaître des problématiques qui devront être résolues avant le déploiement du référentiel à l'échelle nationale, notamment les difficultés des établissements à intégrer 40 h de cursus supplémentaires (même sur les 5 ans de cycles L et M) dans des programmes déjà bien remplis. Les questions de formation des formateurs et de disponibilité d'intervenants extérieurs au monde de l'enseignement supérieur (MEDEF, Direction centrale du renseignement intérieur, ....) devront également être débattues.

Quelles seront les suites données à cette expérimentation ?

Il s'agit d'une décision stratégique qui doit être prise en concertation avec les acteurs qui ont vraiment mis en place sur le terrain le dispositif. Initialement, l'expérimentation devait prendre fin en juin 2013. Mais nous avons finalement décidé de la prolonger d'un an, afin de pouvoir disposer d'un retour d'expériences portant sur une période plus longue. Sur la base de ce bilan consolidé, une discussion aura lieu avec l'ensemble des acteurs concernés, notamment les conférences de présidents et directeurs d'établissements, afin de réfléchir aux meilleures suites à donner à ce dispositif.

Le retour d'expérience de l'Université Jean Monnet de Saint Etienne

Christine Largeron, professeur des universités, responsable de la spécialité du master intelligence économique et gestion de l’innovation, université de Saint-Etienne Christine Largeron, responsable de la spécialité du master intelligence économique et gestion de l’innovation à l'université Jean Monnet de Saint-Etienne

Pourquoi avoir choisi d’être établissement pilote ?

C’est l'Université Jean Monnet que le Ministère de l'Enseignement supérieur avait  choisie pour la présentation officielle du Référentiel national de compétences "Intelligence Economique et Nouveaux Risques du 21ème siècle" en Décembre 2011. Il était normal que notre établissement soit volontaire pour participer à l’expérimentation de mise en oeuvre de ce référentiel d’autant plus que notre université s’intéresse depuis longtemps déjà à ce domaine avec notamment l’existence depuis 2000 d’une formation de niveau bac +5 en la matière. Actuellement, le master Intelligence Economique et Gestion de l’Innovation forme chaque année entre 20 et 25 étudiants issus de cursus en économie-gestion ou d’école d’ingénieurs désireux d’acquérir une double compétence.

Comment le référentiel a-t-il été mis en œuvre à l’Université de Saint-Etienne ?

L’université de Saint-Etienne est une université de taille moyenne pluridisciplinaire. Il a donc fallu trouver des modalités de mise en oeuvre tenant compte de ses caractéristiques mais aussi du référentiel qui aborde de très nombreux sujets.
Nous avons choisi de mettre en oeuvre le référentiel sous la forme d’un cycle de conférences, à raison d’une conférence par mois, que les étudiants pouvaient choisir dans le cadre des crédits libres dans leur cursus. Ceci nous a permis de faire intervenir des spécialistes sur chacun des sujets de façon à répondre à un public qui pouvait comporter aussi bien des néophytes que des étudiants déjà sensibilisés. Ces conférences ont été dispensées par des collègues impliqués dans nos formation en IE et par des partenaires avec lesquels nous avons déjà l’habitude de collaborer (Direccte, DCRI, INPI, etc.)

Combien d’étudiants ont été sensibilisés depuis le début de l’expérimentation? Quels sont les retours des étudiants qui ont pu bénéficier de cette formation ?

125 étudiants ont été concernés par l’expérimentation. Nous n’avons pas encore le retour de l’évaluation de ce cycle de conférences mais nous avons constaté que certains étudiants sont venus assister aux conférences en tant qu’auditeurs libres, sans valider le cycle dans le cadre des crédits libres ; ce qui traduit un intérêt pour le référentiel en dehors de toute validation de diplôme.